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La reprise des frontières intérieures en Europe suscite une polémique

Europe

Progressivement ouvertes depuis le traité de Rome en 1957, les frontières intérieures sont devenues des espaces de libre circulation pour les gens et les marchandises. Plus tard, les accords de Schengen en 1985 ont reporté les contrôles des personnes aux frontières extérieures de l’Union Européenne. A présent, avec la vague de migrations, des pays européens ont momentanément réintroduit les contrôles à leurs frontières. Cette mesure a été prise pour lutter contre « l’immigration massive ». D’ailleurs, à l’approche des élections européennes, les partis politiques prônent le rétablissement des frontières en Europe.

Ce n’est pas encore la fin des accords de Schengen

Pour éviter l’immigration incontrôlée, des pays comme l’Allemagne, la France et l’Autriche, ont repris les contrôles à leurs frontières. Mais même si des contrôles soient toujours possibles aux frontières intérieures, ces frontières ne sont plus le lieu du contrôle des migrants comme s’ils arrivaient aux limites du continent. Exiger le contrôle des migrations aux frontières nationales n’est pas permis dans l’espace Schengen. Le projet du Rassemblement national de renationaliser les frontières intérieures pour contrôler les afflux de migrations reste irréalisable. Idem pour  le programme des Républicains de récupérer le contrôle total des migrants à la frontière nationale, tant que les contrôles ne seraient pas efficaces aux frontières extérieures.

Seules les frontières extérieures de l’UE peuvent faire l’objet de contrôle des migrants

La Cour de justice de l’UE a réitéré que le Code des frontières Schengen institue un contrôle des migrants aux frontières extérieures de l’UE, pas aux frontières intérieures. Un pays européen n’a donc pas le droit d’arrêter à sa frontière un migrant illégal et de l’obliger à quitter son territoire. Cela reste valable même dans la mesure où l’État a décidé de réinstaurer un contrôle national de ses frontières, conformément au Code des frontières Schengen. Par contre, les autorités nationales peuvent toujours embarquer et mettre en prison un migrant clandestin qui passe sa frontière intérieure, pour des raisons de protection de la sécurité publique.

Une relance des contrôles aux frontières intérieures : une menace pour la solidarité européenne

Pour reprendre l’entier contrôle des frontières, il faudrait sortir des accords de Schengen, comme le souhaitent le Rassemblement national ou Debout La France. Cependant, ce retour en arrière implique un ralentissement des flux économiques et un empêchement de la libre circulation des citoyens européens. Ce qui risquerait d’engendrer des guerres. Les programmes des Verts et de la France Insoumise proposent de mettre en place un « véritable dispositif d’accueil et d’accompagnement des migrants ». Ce qui requiert une solidarité entre les Etats membres de l’UE pour apporter un soutien significatif aux migrants. Le plus judicieux serait d’effectuer le contrôle aux frontières extérieures  dans le respect les droits fondamentaux de l’homme.

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